Cancer et souffrance psychique: halte aux médicaments psychotropes

L’Institut national du Cancer (InCa) a publié un référentiel organisationnel sur le repérage et le traitement précoce de la souffrance psychique chez les personnes souffrant de cancer.

La souffrance psychique est un état de mal-être dont les symptômes sont très variables selon les patients; il peut s’agir de troubles anxieux ou dépressifs qui affectent 40% des patients atteints de cancer, mais aussi de symptômes somatiques (vertiges, palpitations..), de troubles du comportement (irritabilité, agressivité..)

Suivant le référentiel de l’Afsos (association francophone de Soins de Support en Oncologie):

une administration préventive des antidépresseurs n’est pas plus justifiée en cancérologie qu’en pratique courante

-il n’existe pas non plus d’élément de preuve en faveur d’une prescription devant un seul symptôme somatique comme la fatigue

Prescrire un anxiolytique ou un antidépresseur n’est pas anodin:

-il existe un risque d’interaction médicamenteuse en particulier avec les inhibiteurs de recapture de la sérotonine (ISRS); la paroxetine et la fluoxetine sont contre-indiqués avec le taxoxifène

-il existe un risque d’accoutumance et une étude récente a montré une augmentation de la mortalité

-le diagnostic de cancer nécessite une adaptation de l’organisme qui peut être perturbée par l’administration de psychotropes

Existe-t-il d’autres solutions que ces médicaments?

Tout d’abord, il est urgent d’attendre!

En clair, ne pas prescrire un anti-dépresseur ou un anxiolytique le jour de l’annonce. La sidération est normale. Elle est même nécessaire pour booster l’immunité et envoyer le signal à l’organisme de se défendre. Inutile de mettre une camisole chimique sur ce mécanisme naturel.

Des cas particuliers existent, si par exemple tendance suicidaire ou passé de dépression sévère. 

Si ces psychotropes ne sont pas nécessaires, je conseille:

-un soutien psychologique (à trouver dans les établissements de soin et les associations, par exemple La Ligue contre le Cancer, les Centres Ressource)

-la pratique régulière de la cohérence cardiaque qui est une technique de respiration permettant de gérer le stress (application Respirelax® gratuite) ou d’autres pratiques psycho-corporelles (yoga, Qi Gong…)

-des médicaments homéopathiques qui seront adaptés à la situation

Le tout simple « PASSIFLORA COMPOSE »: 5 granules le soir au coucher et dans la nuit si réveil pour les troubles modérés anxieux

ou plus individualisé: 5 granules une à 2 fois par jour, en 9 ou 15 CH 

*En fonction des sensations: 

ARNICA 15 CH si impression de coup sur la tête, courbatures, tensions musculaires

GELSEMIUM 15 CH: apathie, tremblements

*En fonction de la réaction verbale, quand le terrain parle: 

IGNATIA 15 CH: manifestations somatiques de l’angoisse et  amélioration par le fait de se distraire  » je me sens mal, j’ai une boule dans la gorge , j’ai mal partout « 

NUX VOMICA 15 CH: colère, « C’est la faute de … Comment vais-je organiser mon emploi du temps? Pas question que je m’arrête de travailler »

PULSATILLA 15 CH: besoin d’être entourée  . Vous allez m’aider? Je peux appeler un de mes proches tout de suite?

SEPIA 15 CH : tristesse « Que vont devenir mes enfants lorsque je ne serai plus là »

STAPHYSAGRIA 15 CH: sentiment d’injustice « ce n’est pas juste, j’avais tout fait pour éviter cela… Ou, je suis certaine que c’est parce que dans l’enfance …. »

A retenir: la prescription d’anxiolytiques ou d’antidépresseurs en cancérologie doit être réfléchie et concertée. Des prises en charge en thérapeutique complémentaire existent.

 

 

 

La cinquantaine, un second printemps

La ménopause, une vision d’horreur pour beaucoup de femmes , qui appréhendent les effets secondaires, bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires, assèchement de la peau.

Peut-on se préparer à cette période délicate?

Clairement oui, la période de périménopause qui débute 5 à 8 ans avant la ménopause  est une période de préparation à la ménopause comme le neuvième mois est une période de préparation à l’accouchement!

N’attendons pas une ménopause difficile pour compter sur le traitement hormonal de la ménopause. Il ne convient pas à toutes les femmes, sa durée de prise est limitée. Il augmente certains risques pour la santé et son efficacité est de 75 % environ, pas 100%. Rappelons que le placebo améliore les bouffées de chaleur dans 40% des cas environ.

Alors, que faire sans médicament ? Dès 45 ans, adaptez  votre mode de vie en adoptant des bonnes résolutions.

le mode de vie ou « life style »  est essentiel, ne pas fumer, manger équilibré et avoir une activité physique régulière sont des éléments clefs pour passer sereinement le cap de la périménopause.

Fumer avance l’âge de la ménopause de 3 ans environ et les symptômes climatériques comme les bouffées de chaleur sont plus intenses chez les femmes qui fument.

L’activé physique améliore la souplesse articulaire, et diminue significativement les bouffées de chaleur. Choisir une activité respectueuse de l’organisme, pilates, yoga, danse, activités aquatiques, marche en particulier marche nordique.

L’alimentation à privilégier est une alimentation anti-inflammatoire , diminuant les aliments industriels et transformés, ce qui inclut quasiment tous les aliments sucrés, sauf les fruits et le miel. En cas de bouffées de chaleur, diminuer l’alcool, les repas trop chargés qui augmentent la température corporelle et aggravent la sensation de chaud. Boire de l’eau régulièrement pour  améliorer la sécheresse de la peau et des muqueuses liée à l’absence d’hormones.

Le changement de morphologie est difficile à combattre mais  éviter les 10% de prise de poids physiologique est très accessible par la pratique régulière du fasting ou jeûne intermittent, soit 14h sans prise alimentaire.

Dernier point, la perception psychologique de l’arrivée de la ménopause. N’oublions pas que les bouffées de chaleur sont un ressenti d’une sensation de chaud. L’idée est de ne pas s’opposer à  l’arrivée des bouffées de chaleur, de les accepter pour ne pas augmenter le mauvais ressenti. Nombreuses sont les femmes qui emploient des mots très forts, c’est insupportable, je n’en veux plus, c’est terrible, ce qui est leur perception de ces symptômes. Il faut apprendre à apprivoiser les bouffées de chaleur et la pratique régulière d’une pratique psycho-corporelle comme le yoga ou la méditation va les diminuer.

Homéopathie, acupuncture sont autant d’outils précieux pour passer le cap des premiers symptômes, les atténuer, les rendre tout simplement vivables.

Imprégnons-nous de cette phrase de  la médecine traditionnelle chinoise , » la ménopause est  le second printemps ».

Un, deux, trois, mieux vaut prévenir que guérir

Nous entendons beaucoup parler de la prévention des cancers, mais de quoi parle-t-on réellement et sur quelle prévention pouvons-nous agir?

La prévention est «l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps» (Organisation Mondiale de la Santé OMS, 1948)

La prévention primaire est définie comme l’ensemble des actes destinés à diminuer l’incidence d’une maladie, donc à réduire l’apparition de nouveaux cas ou à en retarder l’âge de début. Il s’agit de diminuer  les conduites individuelles à risque, comme les risques en terme environnementaux ou sociétaux. Elle repose sur l’éducation et l’information des facteurs de risque. Mais aussi sur des décisions politiques pour diminuer certains facteurs de risque, comme la pollution, les perturbateurs endocriniens.

Par exemple, ne pas fumer pour éviter des maladies pulmonaires, cardio-vasculaires et certains cancers

La prévention secondaire consiste à diminuer la prévalence d’une maladie dans une population. Ce stade recouvre les actes destinés à agir au tout début de l’apparition du trouble ou de la pathologie afin de s’opposer à son évolution ou encore pour faire disparaître les facteurs de risque ». C’est le classique dépistage. L’exemple type est la mammographie qui vise à dépister des cancers du sein de petite taille.

La prévention tertiaire consiste à « diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans une population et de réduire les complications, invalidités ou rechutes consécutives à la maladie. » Changer son mode de vie après un cancer peut permettre de diminuer les facteurs de risque d’autres cancers ou de maladies métaboliques ou cardio-vasculaires. Arrêter de fumer après un premier cancer est une prévention tertiaire.

Une prévention quaternaire est décrite en santé publique. C’est l’ensemble des soins chez des malades ayant dépassé le stade  des soins curatifs et qui se trouvent parfois aussi en phase terminale. Une autre définition est l’ensemble des actions menées pour identifier un patient ou une population à risque de surmédicalisation, le protéger d’interventions médicales invasives et lui proposer des procédures de soins éthiquement et médicalement acceptables.

40% des cancers seraient d’après l’Institut National du Cancer  évitables en changeant notre mode de vie. Avoir une activité physique  régulière, manger équilibré et diversifié, ne pas fumer, éviter la consommation d’alcool et éviter l’exposition aux UV permettraient de réduire les risques. Cela fait partie de la prévention primaire ou tertiaire.

La réalisation de frottis cervico-utérins est une démarche de prévention secondaire alors que la vaccination contre le Human Papilloma Virus et l’arrêt du tabac font partie de la prévention primaire du cancer du col de l’utérus.

La charte d’Ottawa∗, établie à l’issue de la première Conférence internationale de novembre 1986 et ratifiée par la France vise à « donner aux individus davantage de maîtrise de leur propre santé et davantage de moyens de l’améliorer. »

∗OMS charte d’Ottawa du 21 Novembre 1986

24 ans et un retard considérable en France dans notre politique de santé pour arriver à cet objectif.

N’attendons pas. Comme pour le développement durable, il faut agir. Préventions primaires et tertiaires sont entre vos mains.

Trève estivale…

Plagne Soleil, Août 2021 , soleil absent, vin blanc présent!

Je profite de cette période estivale plus calme pour remercier tous les lecteurs de mon blog. Merci pour vos retours enthousiastes, merci pour vos conseils, vos suggestions dont j’essaie de tenir compte.

Soyez certains que je prends connaissance régulièrement de tous vos commentaires.

Je tiens aussi à vous présenter mes excuses car je ne peux pas vous répondre individuellement. Beaucoup d’entre vous me demandent si je reçois des patients en consultation, quels sont les gynécologues homéopathes en France ou à l’étranger, quelles solutions pour vos problèmes de santé souvent chroniques…

Déontologiquement et médico-légalement, il ne m’est pas possible de vous répondre.

Ce blog n’est pas un espace de consultation. Il a comme objectif de vous donner mon point de vue sur une philosophie de soins, d’ouvrir les esprits vers des médecines complémentaires. Vous tous, dans vos régions avez accès à des professionnels de santé compétents et bienveillants.

Je profite aussi de cet espace pour répondre aux personnes qui postent des commentaires agressifs, soit « anti-homéopathie » qui pensent que tous les homéopathes devraient être radiés de l’ordre des médecins, soit au contraire « homéopathes fermés » qui me reprochent de parler positivement de la vaccination . Ce blog se veut tolérant , non polémique. La parole y est libre mais les « anti » de tout bord n’y trouveront pas de tribune.

Au programme dans les mois qui viennent, je vous proposerai une chronique sur le life style (style de vie) dans laquelle j’aborderai les aliments « santé », l’activité physique, la gestion du stress.

Je continuerai à vous parler de l’homéopathie, de sa place, de ses limites et de l’avancée de la recherche en homéopathie.

Je vous relaterai les différents congrès auxquels je participerai.

J’ai aussi comme projet de partager mes coups de cœur, livres ou films , concernant bien-sûr la santé, qui m’auront interpelée.

Je vous tiendrai au courant de l’avancée du Centre Ressource Lyon, centre d’accompagnement des personnes atteintes de cancer et de leur proches, géré par des bénévoles et dont je fais partie.

Ecrire ce blog est pour moi un réel plaisir . Il donne un sens différent à mon métier et me permet de diffuser mes idées autrement que dans le cadre individualisé d’une consultation.

Encore une fois, merci à vous de le suivre.

La recherche en homéopathie existe. 1) Généralités sur la recherche

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Les lectrices et lecteurs qui me connaissent savent que je n’aime ni les conflits, ni la polémique. Cependant, j’aime la vérité et je n’aime pas l’injustice. J’ai ainsi décidé de faire régulièrement une revue de la recherche en homéopathie.

Je commenterai les études, leurs intérêts, leurs limites pour rendre accessible la recherche en homéopathie et arrêter d’entendre des absurdités comme « il n’y a pas de molécule, c’est une goutte d’eau dans un lac, donc ça ne peut pas marcher »,  » c’est placebo », « il n’y a aucune étude valable en homéopathie » Chaque début de mois, vous aurez l’analyse d’une étude.

A titre personnel, je suis fière de connaître la richesse de la recherche en homéopathie et honorée de vous la transmettre.

Le BA BA sur les études

Les études peuvent s’intéresser à différents domaines

-la recherche fondamentale concerne le fonctionnement normal ou pathologique du système vivant, par exemple les cellules. Cette recherche permet d’analyser les fondements scientifiques d’une méthode.

-la recherche clinique consiste à essayer par des études basées sur des méthodes scientifiques de prouver l’efficacité d’un traitement ou d’une méthode diagnostique ou de comprendre les mécanismes d’une maladie . Elle fait souvent l’objet d’études pilotes (premières études de faisabilité) avant des études plus complexes. Il existe des études chez les animaux ou chez les humains.

-Il existe plusieurs types d’études : les études observationnelles qui observent la réalité sans intervenir sur les conditions d’exposition du sujet , les études interventionnelles qui sont des expériences visant à évaluer l’efficacité d’une intervention. les études doivent être randomisées (processus aléatoire de tirage au sort pour sélectionner des groupes de patients les plus comparables possibles), en simple aveugle (le sujet ignore s’il prend le traitement ou non) ou en double aveugle (ni le patient, ni l’expérimentateur ne sait quel groupe est testé) , contre placebo ou non.

Vous entendez toujours parler d’Evidence Based Medicine ou la « médecine basée sur les preuves ». Cette dénomination qui date des années 1980 a été vulgarisée dans les années 1990. Elle est souvent réduite aux études dont le gold standard est l’étude randomisée versus placebo en double aveugle. Or, l »Evidence Based médicine est basée sur un trépied dont on oublie toujours les deux autres axes: la connaissance du médecin (expérience clinique), le choix du patient (ses préférences)

Pour fixer les idées sur les limites de ces études, voici un exemple: les études ont montré l’efficacité du traitement hormonal de la ménopause, sur la prise en charge des bouffées de chaleur , la prévention de l’ostéoporose et dans les années 90, la prescription de ce THM était quasi systématique pour toutes les femmes ménopausées, qui n’avaient pas de contre-indication. https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-2-page-32.htm#:~:text=Le%20traitement%20hormonal%20de%20la%20m%C3%A9nopause%20n’est%20pas%20une,des%20controverses%20sur%20ses%20effets.. En 2002, l’étude WHI a montré que sur une population d’américaines traitées par un traitement « à l’américaine » (oestrogènes conjugués équins pris par voie orale), il y avait un surrisque vasculaire et une augmentation de cancer du sein.* Il a fallu plus de 20 ans pour admettre que ces traitements ne devaient pas être prescrits systématiquement à toutes les femmes, et que les molécules jouaient un rôle dans la tolérance au long cours. Conclusion: les études même bien menées peuvent ne pas montrer des risques graves si elles étudient des traitements sur des périodes trop courtes

*Writing Group for the Women’s Health Initiative Investigators.
Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women. Principal results for  the Women’s Health Initiative. Randomized control trial
JAMA 2002;228:3:321-33.

-Les particularités de la recherche en homéopathie

L’homéopathie est une thérapeutique réactionnelle , globale et individualisée. Elle n’étudie pas qu’un médicament, mais une prise en charge globale et le choix du médicament par un professionnel de santé. Le mode de recherche classique qui consiste à tester un médicament versus un placebo sur des durées courtes, sans tenir compte du médecin ni du patient, sans évaluer l’amélioration au long cours est peu adapté à la recherche en homéopathie. Le choix de l’outil de recherche est fondamental, c’est comme essayer de planter un clou avec un tournevis ou de regarder les étoiles avec des lunettes!

Plusieurs pistes existent pour contourner ces biais: sélectionner des petites cohortes de patients qui présentent les mêmes caractéristiques pour tester un seul médicament homéopathique individualisé, s’intéresser à la prise en charge globale en incluant le professionnel de santé qui choisit les médicaments , faire des études de comparaison de prise en charge: par exemple, prise en charge des bouffées de chaleur par l’homéopathie versus prise en charge par d’autres méthodes thérapeutiques.
Pour autant, et malgré toutes ces remarques, la recherche en homéopathie existe. Allez voir le site du Homéopathie Institute Research basé à Londres et qui vient d’être traduit en français. https://www.hri-research.org/fr/recherche-hri/

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2021, l’an d’après

Chers fidèles lectrices, chers fidèles lecteurs,

vous êtes de plus en plus nombreux à me lire . Je m’en réjouis même si cela me met une certaine pression pour ne pas vous décevoir!

Pour ce début d’année, comme la tradition l’exige, nous faisons des voeux et des promesses.

Je formule le voeu de trouver le temps de faire vivre ce blog. Je fais la promesse d’essayer de le rendre attractif pour que ce rendez-vous entre nous devienne un incontournable.

J’ai imaginé inclure des vidéos pour animer les articles, vous faire part de mes coups de coeur sur des lectures, développer vos connaissances dans la physiologie du corps humain, vous informer sur les intérêts et limites des pratiques complémentaires , vous faire partager ma vision d’une prise en charge intégrative des pathologies.

J’aimerais aussi vous informer sur la politique de santé, les associations professionnelles et les associations de patients remarquablement efficaces pour mettre en mouvement la recherche.

Je n’hésiterai pas à pousser des coups de gueule si l’actualité m’y conduit. Le conflit et la polémique ne m’intéressent pas , mais je ne me tairai pas pour les éviter.

La crise sanitaire que nous traversons est une opportunité : nous pouvons affirmer maintenant que la médecine n’est pas une science exacte, que les meilleurs experts, les études les plus solides peuvent être mis en défaut. Alors, ouvrons les yeux, faisons preuve de bon sens, adaptons nos soins en fonction des études, mais aussi de notre expérience et surtout de la personne qui est en face de nous dans la consultation. C’est la définition de l’Evidence Based Medicine qui repose sur ce trépied et pas seulement sur les études comme on l’entend souvent.

Notre système de soins est malmené. Pour ne citer que trois points:

-interdiction de prescrire la chloroquine par les médecins. C’est une première dans l’histoire de la médecine, surtout pour un médicament présent sur le marché depuis des décennies

-déremboursement par les caisses de sécurité sociale du médicament homéopathique, sans tenir compte de l’apport essentiel dans l’accompagnement des patients atteints de cancer.

-soignants en burn out , surchargés, déboussolés par les demandes des patients à la recherche de prise en charge globale.

Tout est à revoir et je suis confiante dans l’issue de cette crise . Elle remettra les pendules à l’heure et nous permettra d’avancer vers une vraie alliance thérapeutique entre le soignant et le patient avec une information loyale et sans défiance mutuelle.

Je vous fais un cadeau pour cette nouvelle année, la lecture de la dernière humeur médicale de Luc Perino. Je me délecte à chaque épisode. Quel talent! https://lucperino.com/727/irremediable-immunosenescence.html

Belle année à tous

La deuxième vague des anti-homéo

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Une nouvelle attaque en règle des anti-homéo toujours dans le Figaro. Pourtant l’actualité devrait faire oublier les clivages et réunir les professionnels de santé autour de l’objectif Covid . Il nous faut actuellement gérer une des crises sanitaires les plus étranges, avec toutes les incertitudes sur ce virus, sa contagiosité, son devenir.

Certains n’ont rien d’autre à faire que de relancer la cabale anti-homéo. Non satisfaits de la menace du déremboursement de l’homéopathie, ils renouvellent leurs attaques contre les professionnels de santé qui prescrivent les médicaments homéopathiques. je dis bien « certains » car ils sont 2750 sur 44 pays! 405 en France , toute profession confondue (pharmaciens, , médecins, infirmiers, masseurs kinésithérapeutes, un vétérinaire, une diététicienne, un ergothérapeute), des étudiants en médecine , des doctorants, y compris des non professionnels de santé, par exemple des ingénieurs. Il existe en France 986829 médecins, pharmaciens, kiné, infirmières, vétérinaires. (en ne comptant pas les ingénieurs, ergothérapeutes, ditéticiens et autres professions). Le manifeste réunit donc 0.04 % de ces personnes, ce qui s’appelle une infime minorité! mais toute minorité a le droit d’expression. Reprenons une à une leurs affirmations

https://www.lefigaro.fr/sciences/manifeste-contre-les-pseudosciences-en-sante-20201019

Ainsi, les signataires de ce manifeste affirment que:

1. Les connaissances scientifiques discréditent les postulats des pseudo-thérapies, dont l’homéopathie. c’est faux. Il existe nombreuses preuves de l’efficacité de l’homéopathie, tant en fondamental en particulier en biologie cellulaire, qu’en vétérinaire ou clinique. Allez regarder le site du HRI Homeopathic Resarch Institute http://www.hri-research.org

2. Les lois européennes qui protègent l’homéopathie sont inadmissibles dans une société scientifique et technologique qui promeut le droit des patients à ne pas être trompés.

Il s’agit de LOIS. Qui sont-ils pour dire que des lois votées sont inadmissibles. Quelle arrogance, quel mépris des institutions…

3. L’homéopathie est la pseudo-thérapie la plus connue, mais elle n’est ni la seule ni la plus dangereuse. D’autres, telles que l’acupuncture, le reiki, la nouvelle médecine germanique, le biomagnétisme, l’iridologie, la thérapie orthomoléculaire, et bien d’autres encore, gagnent du terrain et ont aussi leurs victimes.

L’homéopathie est la pseudo-thérapie la plus connue, c’est très aimable de dire cela mais où sont leurs sources? C’est du blabla des mélanges de genre, des insinuations, une méconnaissance criante des pratiques. Toute thérapeutique fait des victimes. Rappelons les 10000 morts par an et plus de 130000 hospitalisations liées à des accidents médicamenteux. A lire ce remarquable texte de patrice Queneau de 1998 qui alertait déjà sur la iatrogénie https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/984001548.pdf

4. Il faut agir pour faire obstacle aux pseudo-thérapies, car elles ne sont pas fiables et attentent à l’intégrité de milliers de personnes.

Il faut agir, c’est certain, non pas pour faire obstacle mais pour légitimer les pratiques complémentaires utiles et validées. Ce sont les recommandations de l’OMS dans son plan stratégique

5. L’Europe doit œuvrer à une législation pour mettre fin à ce problème.

Il n’est pas cohérent qu’en Europe, le phénomène de la désinformation suscite de plus en plus d’inquiétude, et qu’une de ses représentations les plus dangereuses soit protégée: la désinformation en matière de santé.

Pour toutes ces raisons, les personnes qui signent ce manifeste en appellent aux gouvernements des pays dont elles sont membres pour mettre fin à un problème qui contrefait le nom de la science et a déjà coûté la vie à trop de personnes.

Ces personnes parlent de désinformation. C’est le comble de l’ironie! Ce manifeste est de la désinformation évidente, des rumeurs, des attaques non justifiées, une envie de salir, une incapacité à faire preuve de curiosité , à se renseigner. Aucune de leurs affirmations n’est sourcée, aucune référence bibliographique, aucune étude citée. On ne peut informer correctement que si l’on sait de quoi on parle. Je suis prête à parier que la quasitotalité de ces manifestants cachés (je n’ai jamais pu les rencontrer, ni les entendre interviewer, à part les meneurs) ignorent le principe de l’homéopathie, les mécanismes d’action pressentis et seraient incapables de citer une étude.

Pour prétendre informer, mesdames, messieurs et surtout en médecine, prenez le temps de vous informer et faites preuve de curiosité. c’est ça, la science…

Plus forts contre le cancer

Plus forts contre le cancer est sorti le 17 Septembre aux éditions Robert Laffont.

Plus qu’un livre sur le cancer , il se veut consensuel, éthique, factuel.

Nous l’avons écrit avec Frédérique Odasso, amie journaliste pour apporter des informations sur la prise en charge globale du cancer.

Nombreux patients à qui je donne des conseils me demande s’ils peuvent les trouver dans un ouvrage de référence. Or, je me suis aperçue que les ouvrages sur le cancer abordait un unique angle de vue: les traitements complémentaires, OU la psychologie OU les traitements conventionnels de façon rarement vulgarisée.

Il nous a semblé pertinent de rédiger un ouvrage qui fasse le point sur la prise en charge actuelle d’un patient atteint de cancer et pas seulement la prise en charge de la tumeur.

Les cellules cancéreuses se développent chez un hôte et cet hôte ne doit jamais être ignoré. Il a un rôle à jouer. Il doit être acteur. Pour autant, il n’est ni coupable, ni responsable de ce qui lui arrive. Le cancer est multifactoriel, la génétique, l’environnement, l’âge, le psychologique sont autant de facteurs qui permettent le développement des cellules cancéreuses.

L’oncologie intégrative consiste à considérer la personne pour choisir les traitements. Elle réunit la médecine conventionnelle , les pratiques complémentaires, et l’hygiène de vie (life style). L’idéal est que le choix des traitements soient coordonnés par un soignant qui connaisse tous les outils.

Nous faisons le point sur la pathologie cancéreuse, l’organisation en France des professionnels et des institutions autour du cancer, les traitements conventionnels, les pratiques complémentaires, l’hygiène de vie anti-inflammatoire (alimentation, activité physique, gestion du stress), la prévention tertiaire pour diminuer les facteurs de risque d’autres pathologies et la place des  aidants.

Le livre est ponctué de témoignages et de « gentils » coups de gueule du médecin qui aimerait tant que les choses bougent!

Il a aussi comme ambition de s’adresser aux soignants qui veulent en savoir plus sur ce que pourraient faire leurs patients en complément des traitements conventionnels pour stabiliser ou guérir leur cancer, en tout cas pour vivre mieux avec..

Message d’espoir pour toutes les personnes qui souffrent de cette pathologie et leurs proches: oui, vous pouvez agir et être plus forts AVEC le cancer.

 

j’ai un OMPK , comment envisager une prise en charge intégrative?

Lors de l’article précédent, nous avons vu les critères diagnostiques et les causes du syndrome des ovaires micropolykystiques qui touche 8 à 13% des femmes.

La prise en charge de ce syndrome DOIT ETRE INTEGRATIVE, c’est à dire qu’il n’y a pas de médicaments qui guérissent ce syndrome, c’est une conjonction d’actions thérapeutiques mais aussi personnelles qui vont permettre l’amélioration voire la guérison du syndrome.

*L’hygiène de vie est fondamentale: en cas de surpoids, une perte de 10% réduit l’hyperandrogénie et a un effet bénéfique sur l’ovulation.

3 piliers comme toujours dans l’hygiène de vie , l’activité physique, l’alimentation et la gestion du stress.

-L’activité physique quotidienne présente  un intérêt. En cas de surpoids, elle va aider à corriger ce surpoids et quel que soit le poids,  elle améliore l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien et le fonctionnement du cycle.

-Une alimentation équilibrée alimentation a un rôle majeur pour moduler l’insulino-résistance, fréquente chez ces patientes et contribuer au contrôle du poids. En cas d’OMPK, il faut particulièrement  limiter les aliments à index glycémiques élevés, arrêter les grignottages et les boissons sucrées proscrire les aliments industriels souvent riches en sucre Un  agent insulino-modulateur, le myo-inositol a montré dans quelques études son action sur l’ovulation chez les patientes qui présentent un déficit en myo-inositol ovarien. Il  se trouve naturellement dans  les légumes (petits-pois et choux fleurs) , les céréales et les fruits (surtout oranges, pamplemousses e fraises),  le riz complet, le grain sarrasin, l’avoine et l’orge et certaines viandes, comme le bœuf ou le porc . Il peut être prescrit  sous forme de compléments alimentaires.

-La gestion du stress avec des techniques simples de cohérence cardiaque ont aussi un impact sur le fonctionnement hormonal.

*Parmi les médecines complémentaires, l’homéopathie a toute sa place dans la prise en charge de ces patientes, à toutes les étapes . Lors des troubles du cycle, des prescriptions de Folliculinum 15 CH au 8è et au 20è jour du cycle améliorent l’ovulation et peuvent réguler les cycles. Des prescriptions très individualisées de dilutions hormonales peuvent être proposées. L’acné, les troubles de l’humeur peuvent être améliorés par des médicaments homéopathiques. L’homéopathie peut aussi accompagner une volonté de perdre du poids, un traitement pour infertilité. Une consultation personnalisée est nécessaire pour individualiser les traitements.

L’acupuncture, l’hypnose peuvent avoir de nombreuses indications, dans l’amélioration du cycle, la prise en charge du stress ou des troubles du comportement alimentaire.

Les pratiques psycho-corporelles régulières  comme le yoga, Qi Gong, méditations, sophrologie ont un effet sur l’équilibre hormonal et la gestion du stress.  Les thérapies comportemento-cognitives peuvent influer sur le comportement alimentaire.

*Les traitements conventionnels visent à bloquer l’ovulation, régulant artificiellement les cycles. Il s’agit des pilules contraceptives classiques , contenant des oestrogènes et de la progestérone. Il faut éviter les pilules progestatives pures et les pilules oestro-progestatives de 2è génération qui aggravent les problèmes d’acné et de pilosité excessive. mais la prescription de pilules  de 3è et 4è génération est particulièrement à risque chez ces patientes qui présentent un risque majoré cardio-vasculaire.

A retenir: la pilule ne doit être prescrite qu’en cas de besoin de contraception ou d’hyperpilosité ou d’acné invalidantes, en l’absence de contre-indications vasculaires. Elle masque les troubles du cycle, mais ne guérit pas le SOMPK.

L’acétate de cyprotérone (Androcur® et ses génériques) était très prescrit dans cette indication d’hyperandrogénie clinique  mais les dernières données sur le risque de méningiome  en limitent l’usage.https://dochomeogyneco.com/2019/06/24/progestatifs-et-risque-de-meningiomes-faut-il-saffoler/

Les traitements hormonaux séquentiels comme la progestérone prescrite 10 jours consécutifs améliorent la régularité des cycles et déclenchent les règles.

La metformine , anti-diabétique, qui  module l’insuline ne doit être proposée qu’en cas de résistance à l’insuline avérée ou de  diabète.

En cas d’infertilité, les médecins des centres de procréation médicalement assistée proposent en première intention une stimulation par citrate de clomifène puis en deuxième intention des gonadotrophines exogènes injectables . Une intervention sur les ovaires peut améliorer l’ovulation (drilling ovarien).

Certaines études montrent un intérêt futur pour des antagonistes des récepteurs de la Gn RH (Gonadotrophine releasing Hormone) , hormone cérébrale qui déclenche les sécrétions d’hormone hypophysaire. Tout partirait donc du cerveau…

Pour résumer, le syndrome des ovaires micropolykystiques comme toute pathologie multifactorielle doit être pris en charge de façon intégrative, en alliant hygiène de vie, pratiques complémentaires et traitements médicamenteux conventionnels si nécessaire.

 

 

Des célébrités parlent de la médecine intégrative

En cette rentrée masquée, pleine de doutes , de contre-vérités assénées comme des certitudes ,  je ne résiste pas à  la joie de partager avec vous ces deux vidéos issues d’un congrès qui s’est déroulé à Arles du 24 au 30 Août. Elles parlent du  concept de médecine intégrative dont je vous ai déjà beaucoup parlé.  Elles m’ont enthousiasmée, pas de langue de bois, de la sérénité, de la bienveillance et un langage de bon sens.

Dans la première vidéo, https://www.youtube.com/watch?v=r3lcrwtiXRk&feature=emb_err_woyt     Jean-Michel Jarre , Marion Cotillard s’expriment au cours d’une conférence « la science, la nature et la médecine », modérée par le Dr Jean-François Masson, médecin homéopathe. Ecoutez bien  Jean-Michel Jarre analyser le dénigrement de l’homéopathie. Marion Cotillard soigne ses enfants en homéopathie et elle ose le dire!  Elle exprime la nécessité de comprendre sa maladie , de devenir acteur de sa santé.

La deuxième vidéo,  https://www.youtube.com/watch?v=3nx9OPCpCp4 est issue d’une conférence intitulée « la nécessité d’un dialogue ouvert, l’espoir de la médecine intégrative » qui rassemble un chef de service de gynécologie-obstétrique le Pr Madelenat , un oncologue Alain Toledano, une patiente et  le Dr Suerinck, médecin homéopathe. J’ai revécu dans les paroles du Pr Madelenat, mes premiers pas vers cette médecine intégrative, le mépris et l’ironie des confrères (le début de ce mot est parfois très approprié!), le refus de certains collègues d’évoluer vers des thérapeutiques nouvelles. Comme lui, je ne suis pas née dans l’homéopathie et aucun enseignement ne m’a été fait sur ce sujet dans les facultés de médecine. Comme lui, l’écoute des patients, l’envie de les aider m’a conduite naturellement à m’ouvrir à d’autres espaces thérapeutiques complémentaires que j’ai intégré à ma pratique par nécessité.

Ecoutez ce que dit Alain Toledano sur la prise en charge du patient en oncologie, le recours aux médecines complémentaires. Comment ne pas adhérer à son discours?

Régalez-vous, transférez ces vidéos. Elles ne sont pas une preuve de leur efficacité , mais elles sont la preuve de l’actualité de ces sujets et de la volonté d’aller contre une médecine figée au siècle dernier , irrespectueuse des patients.