Appel aux professionnels de santé

Bonjour,

je suis heureuse de constater chaque semaine que mon blog est visité régulièrement et qu’il l’est de plus en plus par des professionnels de santé, médecins, pharmaciens, sages-femmes.

Aussi, j’ai décidé de créer un espace qui nous permettra entre professionnels de santé de converser sur la prise en charge globale des patients, les indications et les limites des traitements homéopathiques.

L’objectif est de pouvoir  faire bénéficier ces professionnels de santé de mon expérience en tant que gynéco-obstétricienne et homéopathe et d’échanger sur nos pratiques.

Si vous êtes professionnels de santé, intéressés par cette nouvelle rubrique, je vous invite à nous rejoindre dans l’espace réservé , en me demandant grâce au  formulaire de contact un mot de passe.

A bientôt sur cet espace professionnel pour le plus grand bien de nos patients

OUI aux médecines complémentaires chez des patients atteints de cancer

smiley surpris

A mon retour de vacances, me voilà devant ces titres qui « se veulent » ravageurs.

« Une étude assure que le recours aux médecines « alternatives » fait exploser la mortalité » (France-soir 19 Août), « Les médecines alternatives, fléau du cancer »(Revue pharma 22 Août), « Cancer: les remèdes alternatifs augmentent les risques de décès » (Le Progrès 20 Août), « Cancer: les médecines alternatives augmentent sensiblement les décès » (AFP 18 Août)
Le buzz vient d’une étude * américaine (qui n’est encore pas publiée dans son intégralité) et qui regarde la survie de patients atteints de cancers suivis uniquement par médecines alternatives versus des patients suivis en médecine conventionnelle.

Plusieurs types de patients  ont été suivis, diagnostiqués pour des cancers différents: poumon, sein, prostate, intestin.
560 malades étaient traités de façon conventionnelle; 280 avaient choisi des pratiques alternatives. Les résultats montrent qu’il existe une surmortalité cinq ans après le diagnostic, dans le groupe de patients qui a refusé les traitements conventionnels (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie, chimiothérapie). Le risque a été multiplié par 2.5. Le risque est plus élevé pour les cancers du sein (risque fois 5), les cancers colorectaux (fois 4), les cancers du poumon (fois 2); peu de différence en ce qui concerne les cancers de prostate (91.5% de survie à 5 ans, dans le groupe traité par médecine conventionnelle, versus 86.2% dans le groupe traité médecine alternative; ces cancers sont d’évolution spontanément lente et favorable)

Mes commentaires:

rappelons en premier lieu que depuis bien longtemps, il est  admis par la communauté médicale que les médecines non conventionnelles sont complémentaires aux traitements conventionnels  et pas une alternative en tout cas dans les pathologies graves. La plupart des patients aussi ont bien compris la différence entre les médecines complémentaires et la médecine conventionnelle; les médecines complémentaires sont des soins de support, qui aident le patient à supporter les effets secondaires du cancer et des traitements; leur objectif est essentiellement la qualité de vie. La médecine conventionnelle vise la  quantité de vie, en essayant de préserver la qualité de vie.  Si le patient est en confiance avec l’équipe d’oncologie qui le prend en charge, il ne lui viendra pas à l’idée de ne pas bénéficier des traitements conventionnels.

remarque 2:
Quelle drôle d’idée de faire ce type d’études: qui veut-on convaincre?  Veut-on faire peur au patient, dénigrer les médecines non conventionnelles ?

La question qu’il aurait fallu se poser et résoudre est  » qui sont ces patients qui refusent la médecine conventionnelle et pourquoi? » Il s’agit d’un groupe obligatoirement minoritaire.

3è remarque: Si les résultats avaient été inverses, montrant que les patients qui ont choisi les médecines non conventionnelles ont une mortalité inférieure, il est évident que les médecins conventionnels se seraient tous manifestés: ils auraient à juste titre relevé que l’étude n’est pas randomisée (pas de tirage au sort ) et qu’on ne peut généraliser à partir d’un groupe de patients minoritaire qui fait un choix de traitement sans savoir si ce choix a été éclairé ou non, ou si ces patients font partie d’une secte.

4è commentaire: toutes les thérapeutiques non conventionnelles ont été mélangées: yoga, homéopathie, acupuncture, sophrologie, phytothérapie, diète, prières!!!…Est-il possible de mettre dans le même panier de thérapeutique de soins, l’acupuncture et les prières! Peut-on considérer la prière comme une « médecine alternative »?

De plus,  parmi ces thérapies, certaines peuvent être dangereuses et aggraver le cancer (par exemple, des plantes contenant des hormones et administrées à des patients ayant des cancers hormono-dépendants); il n’est pas possible de mettre « dans le même sac » toutes les thérapeutiques non conventionnelles: certaines sont des pratiques psycho-corporelles, d’autres des thérapeutiques médicamenteuses, d’autres des modes de vie ; imaginons que nous fassions une étude d’efficacité en oncologie en mélangeant toutes les thérapeutiques conventionnelles sans s’occuper de leur pertinence!!

Je suis choquée de voir que certains continuent à  opposer médecine conventionnelle et médecine non conventionnelle . Quand comprendront-ils que nous sommes à l’ère de la Médecine Intégrative, c’est à dire des soins qui associent médecine conventionnelle et médecines complémentaires (et non pas alternatives) pour le bien du patient… et c’est ce que le patient MERITE.  Plusieurs  études ** montrant une amélioration de la survie des patients atteints de cancer et de la durée sans récidive, en associant des thérapies complémentaires à la médecine conventionnelle  ont été publiées, ne l’oublions pas…(nous détaillerons ces études dans un autre article)

A retenir: la conclusion de cette étude est celle que tous les professionnels de santé éthiques connaissent: les médecines complémentaires doivent être complémentaires et ne soignent pas le cancer; rien de bien nouveau sous le soleil, beaucoup de temps perdu et de controverses inutiles. Mais l’occasion d’un billet d’humeur dans mon blog!

 

 

« Use of alternative Medicine for Cancer and its impact on Survival »

Journal ot the National Cancer Institute, Volume 110, issue 1, 1 January 2018 djx145, https://doi.org/10.1093/jnci/djx145

** Spiegel D,  Kraemer H, Bloom J,  Gotthiel E  : « Effect of psychosocial treatment on survival of patients with metastatic breast cancer. » Université de Stanford

Lancet 1989
Les résultats de cette étude ont été confirmés en 2007 et en 2015 dans une deuxième et troisième étude (revue «Cancer »)

**Andersen B :  –  « Psychological intervention improves survival for breast cancer patients: a randomized clinical trial »

revue Cancer , 2008

La mammographie entre 40 et 50 ans: le mieux est l’ennemi du bien

 

A l’heure où l’information fait partie intégrante des consultations médicales , quelle information loyale et éclairée devons-nous donner à nos patientes sur l’indication d’une mammographie avant l’âge de 50 ans?

Nous gynécologues, avons pris l’habitude de proposer (ou parfois même d’imposer) la réalisation de mammographies tous les deux ans dès l’âge de 40 ans, sur des communications entendues dans certains congrès ou sur des convictions personnelles; pas très scientifique..

Pourtant , actuellement les recommandations sont très claires

La HAS considère qu’aucun dépistage spécifique par imagerie ne doit être proposé en dehors de la participation au programme national de dépistage organisé, soit entre 50 et 74 ans, chez des femmes qui n’ont pas de facteur de risque. http://www.has-sante.fr/…/cancer-du-sein-modalites-specifiques-de-depistage-p…

L’institut national du cancer ( mise en jour du 17/09/15) prend franchement position

« Avant l’âge de 50 ans, il est inutile de recourir à des actes de dépistage du cancer du sein, sauf si vous avez un niveau de risque considéré comme élevé ou très élevé. En effet, il n’y a pas assez d’études ayant montré l’efficacité de ce dépistage avant 50 ans.

En revanche, un examen clinique de vos seins (palpation) est recommandé tous les ans dès l’âge de 25 ans. »

Les cancers du sein existent indéniablement chez les femmes entre 40 et 50 ans ; ils représentaient 16.5% de l’ensemble des cancers du sein en 2005 (je n’ai retrouvé aucune donnée plus récente) , soit 8211 cas sur 49814 cas,   mais plus les patientes sont dépistées, et plus le nombre de cancers du sein diagnostiqués augmente dans cette population.

Les bénéfices: le seul bénéfice à prouver est la réduction de la mortalité; certaines études font état d’une réduction de la mortalité allant   de 7 à 50%: cet écart très important doit nous rendre prudent sur l’interprétation de ces études internationales (populations différentes en terme de risque de cancer du sein , tumeurs différentes dans leur grades,  techniques de dépistage différents)

Les risques: l’irradiation qui peut être responsable de lésions d’ADN et donc de prolifération cellulaire tumorale, les faux positifs (patiente faussement inquiétée engendrant des contrôles ou des biopsies inutiles et peut-être délétères pour le sein) et les faux négatifs (mammographie considérée comme normale alors qu’un cancer est bien présent); ces deux derniers risques sont liés à la difficulté d’interprétation des mammographies des femmes non ménopausées : les femmes non ménopausées ont souvent des seins denses  comme l’illustrent les images mammographiques.

mammodigitale-sein-dense
seins denses femme non ménopausée
sein-clair-mammo
seins clairs femme ménopausée

Je rajouterais un risque qui est peu signalé: le risque iatrogène; en effet, le dépistage entre 40 et 50 ans (comme d’ailleurs après 50 ans) conduit à  découvrir chez des  patientes asymptomatiques des  cancers in situ (ne dépassant pas la membrane cellulaire), dont on ignore s’ils auraient évolué un jour en cancer infiltrant mettant leur vie en jeu. Ces patientes vont être traitées à moins de 50 ans, alors qu’elles ne sont souvent pas ménopausées  par un traitement chirurgical et une radiothérapie, induisant un risque au long cours lié à l’irradiation d’organes importants comme le cœur, les poumons, sans compter l’impact psychologique, et une diminution notable de la qualité de vie. Elles ne pourront plus prendre de contraception orale, ni de traitements hormonaux de la ménopause.

En l’état actuel de nos connaissances et dans le doute sur des risques éventuels, il parait raisonnable comme le disent les recommandations officielles de ne pas proposer un dépistage systématique par mammographie avant 50 ans, sauf facteurs de risque bien précisés par l’HAS ou souhait  argumenté de la patiente qui doit être consciente des conséquences de cet acte de dépistage.

Dans un article favorable au dépistage par mammographie avant 50 ans, un médecin concluait « à nous de faire notre métier de médecin »,je préfère la conclusion suivante « à la patiente de faire son choix en toute connaissance de cause « 

 

BA BA de L’HOMEOPATHIE n°1

Samuel Hahnemann

L’homéopathie est …un mot inventé par Hahnemann, médecin allemand de la fin du XVIIIè siècle (1755-1843) ; « Homios pathos » signifie « semblable souffrance », c’est-à-dire « soigner le mal par le mal » ; le principe de base est qu’ une substance (plante, animale ou autre) provoquant des symptômes à forte dose peut guérir les mêmes symptômes si on la dilue..

Vous n’avez pas tout compris, cela n’a pas grande importance..

L’exemple de l’abeille est parlant : une abeille qui pique un individu sain provoque un œdème rosé, soulagé par l’application de froid ; lorsque vous présentez un œdème rosé soulagé par le froid, par exemple un coup de soleil, une mycose vulvaire, APIS dilué en 9 ou 15 CH entraînera une diminution de l’œdème.

Le médicament homéopathique qui est le point commun de tous les soignants homéopathes et des fabricants de médicaments homéopathiques internationaux, est issu de souches animales, minérales, végétales, chimiques. Ces souches sont diluées et dynamisées (secouées à plusieurs reprises) ; les deux méthodes de fabrication les plus répandues sont la fabrication hahnemanienne ; elle donne les initiales CH pour centésimales Hahnemaniennes (ex 9 CH) ou DH pour décimales Hahnemaniennes (ex : D 8 ou 8 DH ) et la fabrication korsakovienne qui donne l’initiale K (ex : 200 K) ; plus le nombre est élevé, plus la dilution est importante et moins il ya de molécules

Les médicaments homéopathiques se présentent sous plusieurs formes : celles qui sont particulières au médicament homéopathique sont les granules, conditionnés par tubes-granules et les globules plus petits, conditionnés par doses-globules ; mais le médicament homéopathique existe aussi sous forme de sirops, collyres, ovules, suppositoires, crèmes..

Pour en savoir plus www.boiron.fr     Onglet « homéopathie »

Bientôt le B A BA de l’homéopathie n°2