ENDOVIE: l’enquête qui en dit long sur l’impact de l’endométriose sur la qualité de vie

Les symptômes comme les douleurs de règles (dysménorrhée dans le jargon médical), les douleurs pendant les rapports (dyspareunie), des douleurs pour uriner ou aller à la selle , l’angoisse, la dépression sont autant de paramètres qui altèrent la qualité de vie des femmes atteintes d’endométriose.

La prise en charge conventionnelle qui repose actuellement et préférentiellement sur des traitements hormonaux et antalgiques ne parvient pas toujours à annuler les symptômes.

L’endométriose dont j’ai déjà parlé à plusieurs reprises est une pathologie multifactorielle, qui émerge comme une maladie sociétale.

Endovie est une enquête qui a été menée par l’association EndoFrance, le laboratoire Gedeon Richter France et l’institut de sondage Ipsos. Elle a interrogé par internet en Janvier 2020 1557 femmes atteintes d’endométrioses, et 100 conjoints, avec un échantillon comparatif de 1004 français et françaises.

https://www.ipsos.com/fr-fr/vivre-avec-lendometriose-plus-de-1-550-femmes-en-parlent

Quelles sont les principales conclusions de cette enquête:

-L’âge moyen de début des symptômes est de 24 ans, avec un retard diagnostique d’environ 7 ans

-Lorsque les femmes commencent à souffrir de l’endométriose, elles ressentent 4.6 symptômes en moyenne.

et 78% ont des douleurs de règles

-La prise en charge améliore nettement les symptômes douloureux.

Si avant la prise en charge, les 8 patientes sur 10 environ qui ont des douleurs évaluent en moyenne ces douleurs à 7.8 sur une échelle de 10 (Echelle visuelle analogique EVA), après le diagnostic et la prise en charge, la douleur est évaluée en moyenne à 4.1

-Le diagnostic est fait le plus souvent , dans 70% des cas par le gynécologue

-80% des femmes qui se plaignent de plus de 7 symptômes ou d’endométriose profonde suivent des traitements. Un peu plus de la moitié (55%) reçoivent un traitement hormonal.

60% des femmes ont été opérées, dont 20% 2 ou 3 fois

2 femmes sur 3 se disent impactées dans leur qualité de vie, 66% dans leur vie sexuelle, 67% sur le plan psychologique, 63% sur le plan sexuel. L’impact sur le couple est important avec un retentissement pour 61% des femmes sur leur vie de couple ou les relations amoureuses. 53% décrivent des effets délétères sur les activités de loisirs

-Plus d’un tiers des femmes considèrent que l’endométriose pourrait avoir un retentissement négatif sur leur vie professionnelle, perspectives de carrière ou évolution professionnelle

-8 conjoints sur 10 se disent à l’aise pour parler de l’endométriose avec leur compagne. Pour autant, ce sujet est abordé pour 64% d’entre eux une fois par mois seulement ou moins.

-Les difficultés pour être enceintes touchent une femme sur deux et 33% ont recours à la procréation médicalement assistée.

Ce qu’il faut retenir est l’impact négatif rapporté par les femmes atteintes d’endométriose sur leur qualité de vie, tant par l’aspect psychique, physique que par les répercussions sur le couple , les loisirs, la vie professionnelle.

D’ù l’utilité d’une prise en charge globale de ces patientes et mon regret à la lecture de cette étude : l’absence de toute allusion à la place des pratiques complémentaires comme l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie, le yoga … qui n’ont pas la prétention de guérir l’endométriose mais bien d’améliorer la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes.

Les corticoïdes sur la peau, PAS ANODIN

La revue Prescrire, revue indépendante attire notre vigilance sur la prescription longue durée de cortisone sur la peau.

Les médicaments à base de cortisone sont largement prescrits par les médecins, mais aussi utilisés en auto-médication par les patients.

En tant que gynécologue, je suis atterrée de voir des patientes me réclamer leur crème à base de cortisone pour des irritations vulvaires. « mais si docteur, j’utilise ça tout le temps et ça me calme! »

Les dermo-corticoïdes sont des médicaments à base de cortisone appliqués sur la peau. Les indications principales sont les pathologies inflammatoires cutanées , comme l’eczéma atopique ou allergique, le psoriasis, le lichen. Il s’agit en général de démangeaisons, de lésions cutanées inflammatoires. La cortisone va avoir un effet apaisant. Elle ne va pas en général guérir la pathologie, mais diminuer les symptômes, ce qui pousse les patients à recommencer le traitement.

De rares pathologies nécessitent un traitement corticoïde de longue durée, c’est le cas du lichen scléreux vulvaire en gynécologie pour limiter les complications fonctionnelles (rétrécissement de l’orifice vulvaire) et le risque de cancer.

Ainsi, certains patients ont des traitements dermo-corticoïdes renouvelés depuis de nombreuses années, qu’ils vont devoir arrêter, soit en cas d’aggravation sous traitement, soit en cas de récidives de plus en plus fréquentes montrant une diminution d’efficacité. Il peut aussi exister des complications de l’usage de ces corticoïdes: télangiectasies (petits vaisseaux disgracieux sous la peau), vergétures, troubles de la pigmentation, éruptions acnéiformes, et même allergies! Des complications générales existent aussi comme pour les formes par voie orale, car l’absorption de la crème ou de la pommade passe dans la circulation générale. Citons de façon non exhaustive les risques de diabète, ostéoporose, insuffisance surrénalienne, hypertension artérielle, glaucome. Ces complications générales peuvent survenir en fonction de la dose, de l’endroit d’application, de la durée de prise et aussi selon un facteur individuel de sensibilité imprévisible. Or le sevrage peut être très difficile, avec répercussions psychologiques, physiques comme la fatigue, ou l’accélération de la pathologie cutanée initiale.

Prescrire, n° 453, Juillet 2021, p509

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2014/revue-medicale-suisse-425/dermocorticoides-incontournables-et-redoutes

Alors que faire?

Ne pas commencer un traitement corticoïde sans un avis médical spécialisé. Tenter des alternatives si l’indication n’est pas obligatoire. Demander des informations sur ce traitement: la durée, les objectifs, les effets secondaires

Ne pas poursuivre un traitement corticoïde sans revoir la balance bénéfice/risque avec un professionnel de santé aguerri.

Ne pas arrêter brutalement un traitement dermo-corticoïde pris depuis des années. Il s’agit d’un vrai sevrage, qui doit être progressif, encadré par des professionnels de santé.

Chercher des alternatives: crèmes ou pommades sans cortisone, médecines complémentaires (homéopathie, acupuncture, aromathérapie, phytothérapie…). L’homéopathie en particulier dans les pathologies dermatologiques comme l’eczéma est particulièrement pertinente, car elle va s’intéresser au type de lésion (traitement différent en fonction de l’aspect lésionnel), aux symptômes associés (démangeaisons, oedème, modalités, qu’est-ce qui aggrave ou améliore, le chaud, le froid, le grattage?) et à l’aspect psychologique. Nous connaissons l’impact du stress sur le déclenchement de poussées d’eczéma ou de psoriasis.

Une consultation est nécessaire auprès d’un médecin qui connait l’homéopathie car il s’agit en général d’une prescription de médicaments de terrain. L’accès à la téléconsultation est une grande avancée pour consulter des médecins à distance. De nombreux pharmaciens peuvent aussi proposer des conseils en homéopathie dans les pathologies chroniques.

Renseignez-vous auprès du SNMHF (syndicat national des médecins homéopathes français)

Penser aussi à certaines pratiques psycho-corporelles pour améliorer le stress (cohérence cardiaque, réflexologie plantaire, yoga…)

A retenir: comme les antibiotiques, les dermo-corticoïdes c’est pas automatique!

La recherche en homéopathie existe 4) la dynamisation modifie la structure de l’eau

Appareil de Résonnance Magnétique Nucléaire

Un médicament homéopathique est dilué mais il est aussi dynamisé.

La dynamisation est une étape de la fabrication d’un médicament homéopathique qui consiste à agiter de façon puissante une solution. Cette dynamisation peut être mécanisée, elle est alors de 150 secousses en 7 secondes.

La dynamisation est une étape qui suit chaque dilution. Plus le médicament est dilué, plus il a été dynamisé (secoué).

Plusieurs études de recherche fondamentale se sont intéressées à cette dynamisation et ont montré une différence entre une solution non dynamisée et une solution dynamisée. Les nouvelles technologies comme la résonnance magnétique nucléaire , des méthodes de microscopie, la thermoluminescence, la streptoscopie par UV sont des outils performants pour étudier l’infiniment petit et en particulier pour reconnaitre les solutions dynamisées ou non.

Cette différence entre une solution dynamisée ou non pourrait s’expliquer par la formation de nanostructures donnant des propriétés physico-chimiques différentes à la solution dynamisée par rapport à la solution initiale.

Alors à ceux qui vous diront : « l’homéo, c’est comme une goutte d’eau diluée dans un lac », rappelez leur que le médicament homéo n’est pas seulement dilué, mais il est aussi dynamisé , ce qui n’est pas le cas dans un lac et que cela lui confère des propriétés particulières.

Demangeat JL. Gas nanobubbles and aqueous nanostructures: the crucial role of dynamization. Homeopathy2015;104(2):101-115 4.

Van Wassenhoven M, Goyens M, Henry M, et al. Nuclear Magnetic Resonance characterization of traditiona lhomeopathically manufactured copper (Cuprum metallicum) and plant (Gelsemium sempervirens) medicines and controls. Homeopathy. 2017 Nov;106(4):223-239.

Klein SD, Würtenberger S, Wolf U, Baumgartner S, Tournier A. Physicochemical Investigations of Homeopathic Preparations: A Systematic Review and Bibliometric Analysis-Part 1. J Altern Complement Med. 2018 May;24(5):409-421.

Tournier A, Klein SD, Würtenberger S, Wolf U, Baumgartner S. Physicochemical Investigations of Homeopathic Preparations: A Systematic Review and Bibliometric Analysis-Part 2. J Altern Complement Med. 2019 Sep;25(9):890-901