365 La cohérence cardiaque pour tous, ludique et efficace

La cohérence cardiaque fait partie des pratiques psycho- corporelles; elle est simple à pratiquer et  non coûteuse .

Je vous incite à la pratiquer régulièrement pour en obtenir tous les bénéfices et pouvoir vous en servir efficacement en cas de nécessité; amusez-vous à la pratiquer avec vos enfants, dans des réunions, dans les transports en commun. Je la conseille en particulier aux personnes en traitement pour un cancer qui pourront utiliser cette méthode facilement en salle d’attente, pendant les séances de radiothérapie, en cas de stress…

Le principe de la cohérence cardiaque

Le cœur a une fréquence cardiaque qu’on repère par le pouls; par exemple, un sportif a un cœur qui bat autour de 50 battements par minute; le commun des mortels a un cœur qui bat autour de 80 battements par minute et en cas de stress ou d’activité sportive, le  cœur s’accélère parfois jusqu’à 150 battements par minute.

mais cette fréquence n’est pas stable; le cœur ralentit et accélère en permanence; la fréquence est variable et pour 4 battements par minute, la distance séparant deux battements n’est jamais identique; on appelle cela la « variabilité cardiaque »; plus cette variabilité est grande, plus l’état de santé est bon. On sait en effet, que cette variabilité s’abaisse avec l’âge, les maladies chroniques, le stress, l’angoisse, la dépression , la fatigue, la consommation tabagique, le manque de sommeil, le surpoids, la sédentarité..

Les facteurs qui augmentent la variabilité cardiaque sont les pratiques psycho-corporelles, comme la méditation, le yoga, le Qi Gong, la prière,  mais aussi une bonne hygiène de vie avec la pratique d’un exercice physique régulier, une alimentation équilibrée, une sexualité épanouie, …

Cette variabilité cardiaque est le témoin d’une bonne adaptabilité du cœur, sous la dépendance du système nerveux autonome  qui comprend deux parties:

1) le système sympathique prévu pour s’adapter aux situations de stress et utilisant l’adrénaline; devant un évènement stressant, le  cœur s’accélère, pour apporter oxygène aux muscles et pouvoir se sauver.

2) Le système parasympathique lui, calme le système, et permet la relaxation; il est véhiculé par le nerf vague et utilise l’acétylcholine.

La cohérence cardiaque est une pratique consistant à rythmer les mouvements du  cœur avec la respiration. En contrôlant la respiration, on peut contrôler son cœur ; par exemple, lorsque l’on a peur, spontanément, on bloque sa respiration et on se met en alerte; lorsque le danger passe, on souffle (on expire) , et on relâche la pression.

Lorsque l’on inspire, le cœur accélère, car le frein (système parasympathique) est inhibé. Lorsque l’on expire, le cœur ralentit.

La pratique de la cohérence cardiaque:

positionnez-vous assis dans un endroit calme; mettez sur you tube, un exercice de cohérence cardiaque qui va vous donner le rythme; inspirez sur 5 secondes, expirez bouche semi-ouverte sur 5 secondes, ce qui fait un cycle de 10 secondes; Faites cela 6 fois, ce qui fait une minute; ce cycle de 6 respirations par minute  fait rentrer le cœur en « résonance ». C’est ce qu’on appelle l’état de « Cohérence cardiaque »

Cet état est donc volontaire, temporaire

Les bienfaits de la cohérence cardiaque

-Ses effets immédiats et brefs

sensation d’apaisement et de calme, le cerveau et le cœur ralentissent; la sérénité s’installe

-Effets qui persistent quelques heures après la séance:

Baisse du cortisol, hormone du stress, augmentation de la DHEA (déhydroépiandrostérone, hormone dite de « jouvence », augmentation des Immunoglobulines A salivaires (renforcement immunitaire), augmentation de la secrétion d’ocytocyne, qui renforce le lien d’attachement aux autres, augmentation du facteur natriurétique (qui baisse la tension artérielle), augmentation des ondes alpha cérébrales qui favorisent la mémorisation, l’apprentissage , action favorable sur de nombreux neuro-médiateurs dont la dopamine (hormone du plaisir) et la sérotonine (hormone qui joue un rôle sur la prévention de la dépression et de l’anxiété), réduction de la perception du stress et d’autres émotions désagréables comme la colère.

-Effets à long terme

Ils ne sont obtenus qu’en cas de pratique régulière des exercices et apparaissent en moyenne 7 à 10 jours après des exercices quotidiens; ils durent plusieurs semaines après l’arrêt de la pratique

3 fois par jour 6 cycles de respiration pendant 5 minutes: d’où le terme de 365

Diminution de l’hypertension artérielle, de l’anxiété et de la dépression

Meilleur contrôle de la régulation du sucre, réduction du périmètre abdominal

Meilleure récupération à l’effort

Meilleure tolérance à la douleur et diminution de la douleur en particulier pour les migraines, névralgies, sciatiques

Meilleure capacité de mémorisation et de concentration

Diminution des troubles de l’attention et de l’hyperactivité

Diminution de l’inflammation chronique

Vous êtes convaincus, alors dès demain pensez cohérence cardiaque 365

pour en savoir plus

Cohérence cardiaque 365  Dr David O’Hare

Editions Thierry Souccar, 2012

Déremboursera, déremboursera pas l’homéopathie…

Notre ministre Agnès Buzyn a pris la parole une première fois le 12 Avril  au sujet de l’homéopathie et de  la polémique issue de la tribune des 124 (cf article précédent): elle s’est déclarée favorable au remboursement de l’homéopathie même si cette médecine a probablement un effet placebo; « si cela peut éviter des médicaments toxiques, a-t-elle dit, je pense que nous y gagnons collectivement, ça ne fait pas de mal »

Le 24 mai, poussée dans ses retranchements par un journaliste virulent, elle fait un pas en arrière : »Le problème de l’homéopathie c’est qu’elle n’a jamais été évaluée [par l’Assurance maladie] comme un médicament. On a décidé de rembourser l’homéopathie sans aucune évaluation scientifique. Peut-être pourrait-elle entrer dans le droit commun et être évaluée »

Le devoir d’évaluation des médicaments remboursés est une évidence et une nécessité, mais le médicament homéopathique est difficile à évaluer par des études randomisées versus placebo, car il ne traite en général pas qu’un symptôme; de plus, la plupart du temps, la prescription est individualisée (pas la même pour tous) limitant le nombre de patients traités par le même médicament. Notons que sur pubmed (site qui référence les études en homéopathie) plus de 5000 études sont référencées

copie d'écran du site PubMed

 

 

Elle est populaire car utilisée par plus de 50 % des français, soit 30 millions de personnes (Etude Ipsos « Les Français et les médicaments homéopathiques » réalisé en avril 2015  auprès d’un échantillon représentatif de 1212 personnes); ce n’est évidemment pas une preuve d’efficacité mais ce n’est pas non plus un effet de mode.

Le coût du médicament homéopathique est de 0.29% des dépenses médicamenteuses en France! Le dérembourser ferait donc peu d’économies et le risque est un report des prescriptions vers des médicaments remboursés mais pourvoyeurs d’effets secondaires (exemple, dans la prise en charge de l’anxiété)

L’homéopathie répond à des enjeux de santé publique en terme de surconsommation médicamenteuse, et iatrogénie (effets secondaires nocifs liés aux médicaments). Une étude épidémiologique (Epi3 2013) a montré que dans trois pathologies, les douleurs musculo-squelettiques, les infections des voies aériennes supérieures et les troubles anxieux et modérés du sommeil, la prise en charge par un médecin homéopathe, versus un médecin qui ne prescrit pas d’homéopathie , pour une efficacité identique, diminuait la consommation d’antalgiques, d’anti-inflammatoires, d’anti-dépresseurs et somnifères , d’antibiotiques d’environ 50%.

En conclusion, prescrire des médicaments homéopathiques pour un médecin est éthique en première intention pour des pathologies relevant de cette prise en charge. C’est aussi une prise en charge peu coûteuse pour l’assurance maladie, proportionnellement aux autres médicaments.

L’évaluation  des médicaments homéopathiques doit continuer; elle existe déjà au vu des plus de 5000 études référencées sur Pubmed ; il faut informer nos tutelles de ces études et réfléchir ensemble aux meilleures méthodes pour définir la place de l’homéopathie dans notre système de soin et l’y intégrer pour le bien des patients.

 

Retour au Moyen-Age: il faut brûler les homéopathes!

J’ai découvert avec incompréhension la tribune du Figaro du 18/03/18 intitulée « L’appel de 124 professionnels de la santé contre les médecines alternatives » ; dans cette tribune ou devrait-on dire « tribunal à charge », un ramassis d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance, de mépris des médecins et des patients, qui chaque jour, trouvent un bénéfice à ces médecines complémentaires.

Ces quelques 124 médecins sur 290974 médecins en France en 2017, soit 0.04 % des médecins en France,  n’hésitent pas à demander la radiation des médecins qui exercent l’homéopathie, ou  l’acupuncture; tout juste s’ils ne demandent pas que nous soyons brûlés en place publique comme des sorciers !

Pourquoi une telle haine, de quoi ou de qui ont peur ces médecins?

Tout repose (comme habituellement ) sur l’absence de preuve de l’efficacité de ces thérapeutiques qui, pour nous, sont complémentaires et pas alternatives de la médecine conventionnelle et intégrées dans nos pratiques médicales. C’est la définition de la médecine intégrative.  Nous avons des preuves de l’efficacité de l’homéopathie,  basées sur l’evidence based medecine: études randomisées, études épidémiologiques, que ces 124 médecins ignorent.

Le seul reproche qu’on peut nous faire est d’ignorer à ce jour comment l’homéopathie fonctionne, même si les connaissances des hautes dilutions progressent en particulier grâce aux travaux du Pr Luc Montagnier , travaux que ces 124 médecins ignorent aussi. Mais combien sont nombreux les domaines encore inconnus, la physique quantique, l’infiniment petit, l’univers… Comment oser penser que nous savons tout et que plus rien ne peut être découvert. Quel mépris pour les chercheurs, les « vrais » scientifiques qui se posent des questions et essaient de les résoudre au-delà des préjugés.

Quelque soit le thème de cette discorde, rien ne peut excuser l’agressivité du ton , l’intransigeance, l’intégrisme des co-signataires de cette tribune, indignes de médecins.

Même notre conseil de l’ordre a été choqué par la nature des débats..

En tant que médecin , l’homéopathie est pour moi un choix thérapeutique éthique  intégré dans ma pratique et la satisfaction que m’expriment quotidiennement les  patients que je traite ainsi est la meilleure preuve de leur efficacité.

 

 

 

 

ESMYA: j’y crois, j’y crois plus…

Esmya, médicament considéré comme miraculeux par certains gynécologues, regardé avec inquiétude par des associations patients, vient de voir sa commercialisation suspendue.

La saga d’Esmya:

-28 février 2012: La commission européenne approuve la  commercialisation par les laboratoires Gedeon Richter  d’ Esmya dans  la prise en charge des fibromes; il s’agit  d’ulipristal acétate, un modulateur du récepteur de la progestérone,  qui diminue les saignements chez 90% des patientes porteuses de fibromes entraînant des saignements.

Au départ, il n’était autorisé que pour 3 mois et uniquement dans l’attente d’une chirurgie programmée, soit pour faire réduire la taille du fibrome et rendre l’intervention plus simple, soit pour arrêter les saignements et corriger l’anémie avant une intervention; les résultats cliniques étant spectaculaires, l’autorisation a été donnée en Mai 2015 de renouveler les traitements pour 3 nouveaux mois et de ne pas les réserver uniquement aux patientes relevant d’une indication chirurgicale.

La pharmacovigilance a fait état de 5 cas graves d’hépatite  chez des patientes prenant Esmya depuis sa commercialisation et une vingtaine de patientes ont présenté des anomalies biologiques hépatiques .

Aussi , dans  un communiqué du 9 février 2018, le Comité de pharmacovigilance européen (PRAC) recommande aux professionnels de santé :

  • de ne pas initier de nouveau traitement avec ESMYA 5 mg comprimé (ulipristal acétate),
  • de ne pas initier de nouveaux cycles de traitement (3 mois) chez les patientes prédemment traitées,
  • d’effectuer un bilan hépatique au moins une fois par mois chez les patientes en cours de traitement,
  • d’arrêter le traitement en cas de transaminases supérieures à deux fois la normale et de suivre la patiente de manière rapprochée (renouvellement du bilan 2 à 4 semaines après l’arrêt du traitement).
  • le service rendu sera réévalué

Morale de l’histoire: rien ne sert de courir à prescrire un médicament récent, il faut savoir attendre quelques années…

Appel aux professionnels de santé

Bonjour,

je suis heureuse de constater chaque semaine que mon blog est visité régulièrement et qu’il l’est de plus en plus par des professionnels de santé, médecins, pharmaciens, sages-femmes.

Aussi, j’ai décidé de créer un espace qui nous permettra entre professionnels de santé de converser sur la prise en charge globale des patients, les indications et les limites des traitements homéopathiques.

L’objectif est de pouvoir  faire bénéficier ces professionnels de santé de mon expérience en tant que gynéco-obstétricienne et homéopathe et d’échanger sur nos pratiques.

Si vous êtes professionnels de santé, intéressés par cette nouvelle rubrique, je vous invite à nous rejoindre dans l’espace réservé , en me demandant grâce au  formulaire de contact un mot de passe.

A bientôt sur cet espace professionnel pour le plus grand bien de nos patients

Homéopathie, phytothérapie, aromathérapie: ne pas confondre! (2)

En thérapeutique, nous parlons d’indications et de limites..Les médecines complémentaires en ont aussi, qu’il convient de bien connaitre pour en diminuer les risques.

panneau signalétique exclamation

L’homéopathie permet de prévenir et de traiter certains symptômes; nous, homéopathes,  pensons que le symptôme est la conséquence d’un déséquilibre de l’organisme, par exemple à la suite d’une agression par un agent étranger (virus, bactéries..)

Le médicament homéopathique va être prescrit pour aider l’organisme à mieux fonctionner, à se rééquilibrer.

Ainsi l’homéopathie est très adaptée à la prise en charge de symptômes fonctionnels aigus comme les rhumes, les syndromes grippaux, les suites de traumatismes, les symptômes fonctionnels gynécologiques (bouffées de chaleur, douleurs de règles, syndrome prémenstruel, mycoses, cystites..), mais aussi les troubles chroniques qui dépendent du terrain du patient (cf blog sur la notion de terrain): troubles du sommeil, troubles anxieux. Comme elle n’est jamais « anti-organisme », elle améliore aussi son fonctionnement global quel que soit l’organe (système digestif, système immunitaire..).

Pouvoir traiter les petits maux de la femme enceinte sans risque,  accompagner l’accouchement, l’allaitement , sans risque pour le bébé, est une grande force de l’homéopathie.

L’homéopathie est pertinente en accompagnement des pathologies lourdes en raison de l’efficacité et de l’absence d’interaction médicamenteuse; en effet toutes ces pathologies ont en commun la nécessité de traitements conventionnels efficaces mais pourvoyeurs d’effets secondaires, ce que l’homéopathie peut améliorer sans nuire au traitement; c’est le cas des cancers, maladies neuro-dégénératives: sclérose en plaques par exemple, maladies inflammatoires intestinales, pathologies rhumatismales…

Ses seules limites sont ses non-indications: l’homéopathie ne traite pas les cancers, les septicémies, les appendicites aigues etc…S’auto-médiquer en homéopathie nécessite d’être certain du diagnostic et de la non -nécessité de recourir à un traitement conventionnel médicamenteux ou chirurgical. Attention aussi aux « thérapeutes » non médecins qui conseillent l’homéopathie, mais qui n’ont pas la compétence de poser un diagnostic et une indication thérapeutique.

 

La phytothérapie est indiquée  dans la prise en charge des symptômes aigus fonctionnels (syndrome grippal, troubles fonctionnels gynécologiques, douleurs rhumastismales..) ; elle peut aussi être préventive (prévention par la canneberge des infections urinaires à Escherichia coli). Elle est très intéressante en détoxification du foie, des reins, de la peau.  Elle peut rendre service dans la prise en charge des troubles du sommeil, des troubles anxieux car elle ne présente pas de risque d’accoutumance, mais attention aux interactions: par exemple le millepertuis, « anti-dépresseur naturel » ne peut pas être prescrit conjointement à la pilule contraceptive car il diminue son effet. Elle ne peut modifier les terrains et doit être utilisée avec une extrême prudence en cas de pathologie chronique en raison des risques d’interactions médicamenteuses avec les traitements conventionnels.

 

L’aromathérapie est indiquée en cas de troubles fonctionnels aigus , de troubles du sommeil, de troubles anxieux; elle est volontiers conseillée pour améliorer le fonctionnement de certains organes, en particulier le foie, les reins, le système digestif en général. On parle de propriétés anti-spasmodiques, stimulantes des voies digestives, anti-infectieuses, sédatives.

 

panneau signalétique AttentionSes limites sont la dangerosité de certaines huiles essentielles; certains risques sont bien identifiés, mais d’autres dépendent de la personne, surtout  les risques allergiques et ne peuvent être prévenus. Faire particulièrement attention en cas de grossesse car une réaction allergique peut être dangereuse pour le foetus et demander toujours conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien, sage-femme), formé en aromathérapie.

 

A retenir:

dessin d'un bloc-noteHoméopathie, phytothérapie et aromathérapie peuvent soulager des symptômes aigus fonctionnels , peuvent améliorer le fonctionnement d’organes et prévenir certaines pathologies comme les infections à répétition. Dans les symptômes fonctionnels et après diagnostic posé par un professionnel de santé, ils ont une indication en première intention

Seule l’homéopathie ne présente pas de contre-indications, ni d’interactions médicamenteuses, rendant son utilisation très sécurisante en cas de grossesse ou de pathologies lourdes traitées par des médicaments allopathiques.