Homéopathie encore et toujours

L’annonce du déremboursement de l’homéopathie dans un contexte de dénigrement et de désinformation a des effets positifs; comme toujours en période de crise, la solidarité se manifeste, les minorités se rassemblent.

Si vous voulez comprendre ce qui a conduit à une telle situation et les irrégularités, jetez un petit coup d’œil au livre édité chez Flammarion de Valérie Lorentz Poinsot, directrice des laboratoires Boiron  qui retrace la saga de ce déremboursement programmé ; les bénéfices de la vente du livre sont reversés à l’association Mon Homéo Mon Choix

Un premier constat à l’issue de cet épisode: pas de diminution des consultations  parmi les homéopathes que je rencontre régulièrement.

un deuxième constat: j’ai été encore plus sollicitée pour intervenir dans des congrès . Je suis intervenue au  congrès de la 14è journée mondiale de soins palliatifs le 11 octobre à Lyon où j’ai pu parler à un public de soignants attentif de la place de l’homéopathie pour accompagner la fin de vie; l’association française des patients atteints d’hypertension artérielle pulmonaire m’a demandée d’intervenir le dimanche 13 Octobre pour parler des médecines complémentaires et de l’homéopathie comme accompagnement de cette pathologie grave.

Autre constat: les soirées « Santé Vous Libre » organisées par le collectif Mon Homéo Mon Choix font salle pleine dans toute la France; elles permettent d’échanger autour des valeurs de l’homéopathie et du respect de la physiologie et d’entendre des témoignages forts sur l’efficacité de l’homéopathie dans les pathologies de l’humain et de l’animal.
Mercredi 13 Novembre, à Lyon, Christine Filliat , vétérinaire et spécialisée en élevages industriels porcins, avicoles et bovins  a parlé de son quotidien et de la façon dont elle traitait en homéopathie pour éviter des médicaments toxiques chez l’animal ; elle s’est amusée de l’effet placebo chez les porcs, elle qui ne traite pas de façon individuelle, ne fait pas d’interrogatoire  et donne l’homéopathie dans l’eau de boisson.

Une députée Blandine Brocard, députée de la 5è circonscription du Rhône a expliqué pourquoi elle n’était pas favorable au déremboursement de l’homéopathie; il faut du courage en politique ; et bien, elle en a et elle le prouve .http://www.blandinebrocard.com/faut-il-derembourser-lhomeopathie/

Au total, des opportunités, des rencontres, une mise en mouvement de tous les acteurs , patients, professionnels de santé et politiques convaincus de l’utilité de l’homéopathie en santé .

Merci finalement aux 124 de la Tribune du Figaro https://dochomeogyneco.com/2018/03/26/retour-au-moyen-age-il-faut-bruler-les-homeopathes/ ,qui, bien malgré eux,  ont permis que l’homéopathie soit enfin dans la lumière qu’elle mérite.

 

 

GETCOP , CUMIC, la médecine intégrative française s’organise

La médecine intégrative est un concept

qui propose aux patients une prise en charge coordonnée par un médecin, dans un parcours de soin personnalisé, et associant le meilleur de la médecine conventionnelle et le meilleur des médecines complémentaires (cf article posté sur mon blog le 31 Janvier 2016 )

Très développé au US, encouragé par l’OMS dans son dernier plan stratégique, ce concept tarde à venir en France; nous sommes encore limités par des règlementations poussiéreuses interdisant à un médecin de s’associer à un non médecin (sauf rares exceptions), ce qui interdit in facto la création de cabinet multidisciplinaires ou de centre de médecine intégrative.

Heureusement, des professionnels de santé se mobilisent ; leur objectif est d’évaluer les thérapeutiques complémentaires pour protéger les patients

tels:

le GETCOP,  groupement d’évaluation des thérapeutiques complémentaires personnalisées; créé en 2015, regroupant des professionnels de santé,  il a comme mission dévaluer les thérapeutiques complémentaires  « sur des bases  scientifiques et de la manière la plus objective possible », de diffuser les résultats, de servir d’interface avec d’autres associations sur le même thème, nationales ou internationales

https://www.getcop.org/presentation/

le CUMIC   est le Collège Universitaire de Médecines Intégratives et Complémentaires; il a comme objectif de promouvoir et encadrer l’approche  intégrative et personnalisée de la santé.

https://cumic.net/

La plateforme  CEPS  est la plateforme universitaire collaborative des « interventions non médicamenteuses » ; il a l’ambition de développer une méthodologie pour l’étude de ces pratiques et de faciliter le travail des chercheurs à l’international  https://plateformeceps.www.univ-montp3.fr/fr

 

Citons aussi l’ONMC, créé en 2015, observatoire des médecines complémentaires non conventionnelles à Nice dont l’objectif est aussi de faire des recherches dans ces domaines et de développer un enseignement dans les facultés; voici la phrase d’accueil de leur site, à méditer…

« La plus grande faiblesse de la pensée contemporaine me parait résider dans la surestimation extravagante du connu par rapport à ce qui reste à connaître  »

André Breton , l’amour fou, Gallimard, 1976″

REMBOURSEMENT DU MEDICAMENT HOMEOPATHIQUE : UN SURSIS

Le 10 Juillet, la ministre de la Santé, madame Agnès Buzin, annonçait sans surprise le déremboursement programmé du médicament homéopathique.

Sans surprise, puisqu’elle avait annoncé qu’elle suivrait l’avis de l’HAS et que politiquement, elle ne pouvait pas se désavouer.

La surprise est venue du calendrier; une diminution du taux de remboursement à 15% en 2020 et un arrêt en 2021.

Ce sursis va être précieux:

-L’année 2020 va permettre aux patients de prendre conscience de cette évolution-révolution que va être le déremboursement complet; j’ai encore des patients quotidiennement qui ne sont pas au courant ou qui n’ont pas perçu les sommes qu’ils auraient à débourser pour continuer à se soigner par homéopathie. Beaucoup n’ont pas encore signé la pétition qui se poursuit

-L’année 2020 va permettre à des médecins, députés, personnes influentes, qui n’étaient pas forcément convaincus de l’intérêt de l’homéopathie de prendre position pour une vraie réflexion de politique de santé; supprimer les médecines complémentaires peut être délétère et pose la question d’une dictature médicale organisée, sans réelle démarche participative.

-L’année 2020 va nous permettre de montrer à nos détracteurs toutes les études qui existent en fondamental et qui prouvent qu’il peut se passer quelque chose physiquement en-dessous du fameux nombre d’Avogadro et que tout n’est pas moléculaire.
J’ai choisi aujourd’hui de vous citer  une de celles du Pr Demangeat. La conclusion de ses nombreuses recherches, faites par Résonance Magnétique Nucléaire est sans équivoque : lorsque des très hautes dilutions   de silice, de manganèse, d’histamine sont placées  dans du solvant, il y a bien  des modifications physiques du solvant  liées à des nanostructures,  et ce,  bien en-deça de la 12 CH, c’est à dire du nombre d’Avogadro.

-En 2020, les complémentaires santé vont avoir le temps de préparer des contrats adaptés aux personnes qui se soignent (lorsque c’est indiqué) par homéopathie; j’ai discuté  avec des directeurs de complémentaires santé: leurs adhérents , qui , en plus de la médecine conventionnelle, font  confiance pour leur santé aux médecines complémentaires , (homéopathie, acupuncture, ostéopathie par exemple), sont plus actrices de leur santé, plus axées sur la prévention (ce qui est très logiquement protecteur contre les maladies chroniques) et consomment moins de médicaments allopathiques, ce qu’a montré l’étude EPI3; une bonne raison pour les fidéliser en  leur proposant des contrats attractifs et adaptés à leur philosophie de soin.

En clair, un an  devant nous pour nous mobiliser, expliquer la réalité de l’homéopathie en fondamental et en clinique et valoriser les patients et les médecins qui intègrent l’homéopathie dans leur philosophie de soins.

 

Progestatifs et risque de méningiomes: faut-il s’affoler?

 

Tout débute par la suspicion d’un lien entre la prise d’acétate de cyprotérone (commercialisé sous le nom d’Androcur® et ses génériques) et une augmentation des risques de méningiome.

Le méningiome est une tumeur bénigne dans 95% des cas et qui représente 1/3 des tumeurs cérébrales ; elle est peu fréquente et augmente avec l’âge: 0,3 pour 100000 chez l’enfant et 49 pour 100000 chez la personne de plus de 85 ans. Sa prise en charge chirurgicale peut être délicate en fonction de la localisation, avec un risque d’hémorragie et de séquelles. Les récidives sont possibles si la tumeur n’est pas enlevée en totalité.

Hormis des facteurs génétiques, il a été mis en évidence des facteurs d’environnement: l’antécédent de radiothérapie intracérébrale est connu comme augmentant le risque de méningiome; l’exposition à des hormones est aussi classiquement connu comme augmentant le risque; les femmes sont plus touchées que les hommes, la grossesse peut faire grossir les méningiomes.

Depuis 2009, une augmentation de l’incidence des méningiomes chez les femmes traitées par l’acétate de cyprotérone (Androcur® et génériques) a été montrée, donnant lieu à une étude qui a concerné 250000 femmes exposées à ces molécules; les résultats confirment une multiplication par 7 du risque en cas d’exposition de 6 mois, mais de 20 si exposition de 5 ans à la dose de 50 mg par jour 20 jours par mois ou 10 ans à la dose de 25 mg par jour 20 jours par mois. Le risque est donc durée et dose dépendant; le méningiome peut régresser complètement à l’arrêt du traitement.

Les recommandations émises par l’ANSM sont de revoir la balance bénéfice/risque pour toute instauration de traitement ou poursuite de traitement, de respecter les indications (hirsutisme sévère gênant la vie sociale), de donner la dose la plus faible possible et la plus courte, de vérifier l’absence d’antécédent de méningiome ou de méningiome connu en évolution. Pour renseigner  les patientes sous traitement et leurs proches, un numéro vert a été créé le 0805040110 , du lundi au vendredi entre 9h et 19h. Un document d’information doit être remis à chaque patient qui reçoit ce traitement, ainsi qu’une attestation annuelle d’information.

Deux autres molécules sont en alerte, l’acétate de chlormadinone (Lutéran® et génériques) et l’acétate de nomégestrol (Lutényl® et génériques), avec une augmentation du risque suspectée mais plus rare; une étude va débuter pour préciser les risques.

En attendant, les mêmes recommandations que pour l’Androcur® ont été émises dans un avis de février 2019.

Pour nous gynécologues, il est important de bien peser la balance bénéfice/risque; dans ma pratique de gynécologue homéopathe, je prescris toujours en première intention un traitement homéopathique dans les troubles du cycle, avant de proposer un traitement progestatif. N’oublions jamais les risques iatrogènes des médicaments; les patients nous font confiance, choisissons pour eux et avec eux les médicaments les plus efficaces et les moins dangereux.

nous avons gagné un million!

Ca y est , le cap de un million  de signatures pour conserver le remboursement du médicament homéopathique a été franchi le 14 Juin

-un million de français qui veulent garder la possibilité de suivre des traitements homéopathiques tout comme les autres traitements

-un million de français qui pensent que la démocratie existe et que les citoyens peuvent influer sur des décisions politicardes

-un million de français qui souhaitent que leurs enfants, quels que soient leurs revenus,  bénéficient d’une médecine respectueuse de la physiologie

-un million de français qui savent que l’homéopathie peut accompagner des patients atteints de cancer en diminuant les effets secondaires des traitements conventionnels

Les arguments pour demander un maintien du remboursement de l’homéopathie sont nombreux: éviter des reports sur des médicaments plus dangereux par exemple dans les troubles du sommeil et l’anxiété, permettre à tous les patients atteints de cancer de bénéficier de l’homéopathie en soins de support, aider les femmes enceintes à supporter les petits maux de la grossesse sans craindre une toxicité pour leur futur bébé, rendre les patients acteurs de leur santé car l’homéopathie apprend à  connaître le fonctionnement de l’organisme…

Je vous livre un autre argument que j’ai expliqué à ma fille qui m’expliquait qu’elle ne pensait pas signer la pétition car « l’homéopathie, ce n’est pas cher et il vaut mieux rembourser les médicaments plus coûteux »: dérembrouser le médicament homéopathique n’est pas seulement dérembourser un médicament, c’est dire à des milliers de patients qui se soignent régulièrement en homéopathie que ce choix est débile et qu’on va leur expliquer ce qui est bien pour eux. C’est comme si demain on déremboursait les actes de kinésithérapie, sous prétexte que tous  n’ont pas été validés par des études randomisées versus placebo…

Et qui dit que cela n’arrivera pas?

L’attaque contre l’homéopathie est une première attaque contre les médecines complémentaires; il faut résister pour protéger une forme de médecine unique intégrative  et non dictatoriale.

La pétition continue; mobilisez vous …

 

oui à l’empathie en médecine…

Lorsque j’ai débuté mes études de médecine en 1981, on nous apprenait que l’empathie était mauvaise pour la relation médecin-malade; poser la main sur l’épaule d’un patient à qui on annonçait une mauvaise nouvelle pouvait conduire à un « transfert »; le « transfert » en psychanalyse est un processus au cours duquel des sentiments se trouvent reportés sur une autre personne. Je me souviens que je redoutais  ce transfert, comme si cela pouvait être contagieux…

Les années ont passé, mais l’empathie n’est toujours pas enseignée dans le cursus des études médicales : une étude publiée par l’équipe de psychologie médicale du Pr Triffaux (université de Liège, Belgique) montre que , alors que le taux d’empathie des 1602 étudiants en médecine est élevée en début d’études et meilleur qu’en école de commerce, il est moins bon en fin d’étude (même si pas pathologique); cela pourrait s’expliquer par le climat de compétition et de stress et un processus de déshumanisation au long des études.

Le 20 Février était diffusée à la télé une émission sur le burn out des étudiants en médecine où les étudiants ont exprimé la malveillance de certains encadrants, le peu d’empathie de leurs séniors  https://www.programme.tv/c27380062-ca-commence-aujourd-hui/depression-burn-out-nos-futurs-medecins-sont-ils-a-bout-147572005/

Alors comment maintenir le niveau d’empathie: à Liège,  les étudiants ont imaginé des jeux de rôle; A Brest, a été créé un diplôme post universitaire intitulé « Médecine de la personne »

Il est écrit dans l’énoncé du DU: « la mise en place de cette formation répond à des demandes actuellement pressantes concernant

-l’humanisation de la médecine et de ses rapports avec les personnes en demande de soins et leurs proches

-la lutte contre le burn-out des professionnels de santé

Le programme est alléchant (cf ci -dessous); il est juste navrant qu’il s’adresse à des soignants qui ont fini leur formation!

texte sur l'empathie et la communication

Alors, oui, c’est prouvé, les médecins se doivent d’être empathiques, vis à vis de leurs patients mais aussi entre eux…Non à la déshumanisation de la médecine.

 

 

 

 

La Yogathérapie , une pratique encore peu connue

J’ai eu le plaisir d’assister à Vienne le lundi 26 Novembre 2018 à une conférence de Lionel Coudron, médecin et yogathérapeute.

Le yoga est bien connu: il s’agit d’une pratique ancestrale originaire d’Inde qui associe des postures, des exercices respiratoires, de la méditation, de la relaxation. Le yoga permet de développer ses ressources personnelles ; c’est une vraie philosophie de soin , un art de vivre.

La yogathérapie est l’application des outils du yoga pour la prévention et l’accompagnement de certaines pathologies;  on considère que l’être humain est en équilibre et que c’est un déséquilibre qui va entraîner des symptômes ou une pathologie; aussi, rééquilibrer l’organisme par des postures, des techniques de respiration peut conduire à améliorer l’état de santé.

Citons parmi les principales indications les situations chroniques, comme  les maux de dos ,  les troubles digestifs (constipation, colon irritable) , l’hypertension artérielle, les douleurs ostéo-articulaires mais aussi l’anxiété, les attaques de panique, les troubles du sommeil.

Un petit exercice à tester le matin au réveil si vous avez des troubles du transit de type constipation; c’est un véritable massage des intestins:

Le yoga du ventre consiste en position couchée, bras allongés au -dessus de la tête  à expirer par le nez , puis à rentrer le ventre au maximum en « aspirant » le nombril; bloquez la respiration puis levez la tête, expirez par le nez puis reposez la tête; remontez la tête tout en gardant le ventre serré, puis expirez par le nez, reposez la tête et relâchez le ventre; refaites cet exercice plusieurs fois.

Pour trouver un yogathérapeute, aller sur le site de l’institut de yogathérapie , onglet annuaire, liste des yogathérapeutes